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La Chapelle de Saint-Samson

Pleumeur-Bodou : chapelle de St-Samson Chapelle de Saint-Samson, à Pleumeur-Bodou (22) Chapelle de Saint-Samson : un acrotère, représentant un animal fantastique, (...) Pleumeur-Bodou : la chapelle de Saint-Samson. Photo B. L'Hotellier Ex-voto dans la chapelle de Saint-Samson. Photo B. L'Hotellier Pleumeur-Bodou : la chapelle de Saint-Samson. Photo B. L'Hotellier Pleumeur-Bodou : la chapelle de Saint-Samson. Photo B. L'Hotellier Pleumeur-Bodou : la chapelle de Saint-Samson. Photo B. L'Hotellier Chapelle de Saint-Samson : le chevet (XVe s.) Photo B. L'Hotellier Pleumeur-Bodou, chapelle de Saint-Samson : la porte d'entrée (XVe s.) de (...) Pleumeur-Bodou : la chapelle de Saint-Samson. Photo B. L'Hotellier Pleumeur-Bodou : la chapelle de Saint-Samson. Photo B. L'Hotellier

Géolocalisation

La chapelle de Saint Samson a été construite en deux temps, entre 1575 - 1631.

Elle est l’élément principal d’un ensemble, associant le manoir (au sud) par lequel on accédait autrefois, la fontaine (au nord ouest), le portail d’entrée (au nord est), le menhir christianisé (déplacé au pied du porche).

Une première phase, achevée en 1575 (date autrefois visible sur un contrefort du pignon), concerne la chapelle elle-même (sans la tour), petit édifice de style gothique flamboyant avec une superbe porte ornée au sud (alors unique porte d’accès à l’intérieur de l’édifice) et un chevet destiné à recevoir, ultérieurement, un vitrail peint. Cette fondation serait à l’initiative du seigneur possédant le fief de Barac’h-Keruzec, qui aurait doté ce territoire isolé d’un édifice chrétien, rythmant la vie des paysans.

Une seconde phase, achevée en 1610 (date visible sur un fenestrage), concerne l’édification d’un massif occidental, avec porche d’entrée et clocher composé d’une tour carrée flanquée d’une tourelle d’escalier en vis, surmontée d’une coupole. Cette réalisation donne à l’ensemble son caractère typique de l’architecture Beaumanoir, architecte lannionnais.

L’époque de Louis XIII est une période d’intense activité religieuse et culturelle : chapelles, ossuaires, calvaires, retables, … C’est le temps de la Réforme catholique, grande entreprise de rénovation religieuse que la Papauté avait lancée au Concile de Trente.

A Saint-Samson, le programme architectural bénéficie de moyens financiers importants puisqu’on enrichit rapidement la chapelle de décorations, statues. En 1631, la sablière intérieure est réalisée. Et, probablement à la même époque, on réalise le dallage dont la conception et la décoration ne manquent pas d’interpeller le visiteur : les motifs de rosaces et de formes géométriques, la disposition calculée des pierres de pavage, ne sont pas dues au hasard : mais leur signification réelle demeure un mystère.

Une fontaine est construite en 1632 ; élément indissociable des chapelles bretonnes, la fontaine "votive" et souvent "guérisseuse" témoigne surtout du pouvoir attribué aux forces de la nature, que l’Eglise entend s’approprier. La qualité de la réalisation en pierre de taille témoigne de son importance au sein du programme architectural de l’ensemble.

L’accès par le nord, près de la fontaine, est marqué par deux murets dont l’un présente un passage barré par une margelle : la présence de cet obstacle symbolique doit alerter le pèlerin sur la présence de messages, qui lui seront délivrés s’il sait les appréhender, à travers l’organisation de l’espace sacré, le parcours qui lui sera proposé, les éléments d’architecture et de décoration qui lui seront permis d’admirer. Ces murets, dégradés et éparpillés au XXe siècle, ont été restaurés récemment.

Au XVIIe siècle, face à une pratique religieuse dilettante (la population, et parfois le clergé lui même, est trop souvent coupable d’ignorance, voire d’ivrognerie ou de paganisme), l’Eglise intensifie l’activité de prêtres combattifs, tels Michel Le Nobletz ou le père Julien Maunoir. On assiste alors aux fastes de l’art paroissial, associant recteurs, seigneurs, mais aussi paroissiens ; dans les pratiques, on observe une perméabilité entre le religieux et le profane.

C’est probablement à cette époque que le menhir (ou peulven) christianisé est déplacé pour être implanté au pied du nouveau porche, dans l’axe de l’édifice. Selon la légende, cette pierre dressée était réputée favoriser la fécondité des jeunes mariés qui devaient venir s’y frotter, nus, la nuit... On tenta de gommer l’aspect phallique en taillant le sommet en forme de croix, et en plaçant l’objet dans l’enceinte sacrée de la chapelle. A quelques pas de là, on "christianise" ainsi le grand menhir "de Penvern" (dit aussi "de Saint-Uzec") de manière beaucoup plus conséquente, probablement sous l’influence de la prédication du Père Manoir, venu en 1674 à Pleumeur-Bodou encourager la ferveur religieuse autour du thème du sacrifice et de la Passion du Christ.

La chapelle de Saint-Samson en quelques dates :
- 1575 : fondation de la chapelle
- 1610 : extension ouest
- 1629 : cadran solaire
- 1631 : sablières intérieures
- 1632 : fontaine

Depuis vingt ans, la municipalité de Pleumeur-Bodou entreprend pour l’entretien et la rénovation de l’ensemble, avec de nombreux travaux, petits et grands, notamment :
- 2001 : portes, éclairage et statues ;
- 2007 : vitrail illustrant la Vie de Saint-Samson.
- 2011 : fac-similé du cadran solaire.
- 2014 : accès au site.

La chapelle de Saint-Samson est ainsi considérée comme l’une des plus belles chapelles du Trégor, et l’un des plus beaux exemples d’art paroissial en Bretagne.


Eglises et chapelles :
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